L'utilisation de la voiture dans la mobilité urbaine après covid-19

La crise de la Covid-19 est venue chambouler nos vies ainsi que la mobilité dans le monde. En effet, les citoyens de la terre entière ont vu leur liberté de se déplacer se réduire avec le confinement et les restrictions sanitaires. Pour 1 Français sur 2, la crise sanitaire a changé leur regard sur la mobilité… La crise de la Covid-19 a donné un coup d’arrêt brutal et sans précédent sur la mobilité. Dès le 17 mars, une très grande majorité de Français a été confrontée à un arrêt partiel voire total de sa mobilité. Certains salariés ont été contraints de travailler de chez eux à 100% ou quelques jours par semaine, d’autres ont changé leur mode de déplacement par peur ou par prise de conscience environnementale.

Véhicule individuel mobilité urbaine post covid-19

Vers une révolution des modes de transport ?

Depuis le premier déconfinement, les Français ont montré leur volonté de changer leur manière de se déplacer, délaissant ainsi les transports en commun pour se diriger vers des transports individuels. Selon une étude de Monsieur Parking, l’usage régulier du vélo (électrique ou non) à titre personnel augmente fortement (+70 % d’utilisateurs réguliers) devance la marche (+13 %) et la voiture (+4 %) au détriment des transports en commun qui risquent de perdre 23 % des usagers réguliers – dans le cas de déplacements personnels – lors du retour à une situation sanitaire normale. 

Les raisons de ces changements peuvent avoir de multiples causes. Il s’agit d’une part de la peur de la contagion car dans les transports publics, la promiscuité avec des inconnus est plus importante. Ce qui était jusqu’à présent ressenti comme étant tout au plus désagréable et stressant constitue désormais un risque sanitaire pour certains groupes de personnes.

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Cette révolution des modes de transport ne concerne pour l’instant que les déplacements personnels. Pour les déplacements domicile-travail, 32 % des salariés ont changé leur mode de transport par rapport à la crise (lien info) mais ils affirment qu’ils reprendront les transports en commun lors du retour à la normale de leur activité et de la situation sanitaire. Ce changement de mentalité pourrait être bénéfique pour la situation environnementale du monde et la surpopulation automobile des villes. 

 

On remarque également que les déplacements motorisés ont bien repris depuis l’été dernier comme à Lyon où le niveau de circulation correspond à 95 % de celui de l’avant crise selon les données de la métropole de Lyon en été dernier. Est-ce que la période que nous traversons va faire changer certaines mentalités ? Forcer à constater qu’afin de changer les habitudes des usagers et d’apaiser leurs craintes, un plan de mobilité ambitieux est nécessaire, notamment si l’on souhaite continuer à contribuer à la baisse d’émission de CO2 enregistrée en 2020 à 7 %. ( Source Global Carbon Project, 11 décembre 2020)

Dans le but de mettre un terme à l’autosolisme dans la mobilité urbaine, il est nécessaire de développer une offre convaincante de transports capables de répondre aux besoins des différents usagers mêlant praticité, sécurité et respect des normes sanitaires. Pour contribuer aux efforts de réductions d’émissions de CO2 et préserver la qualité de l’air, il faut proposer aux usagers des alternatives à l’achat d’une voiture fonctionnant à énergie fossile, en complément du développement des réseaux de transports en commun. La solution se trouve-t-elle dans la mobilité urbaine multimodale ? Nombreuses sont les villes réfléchissant à ce sujet, par exemple les autorités parisiennes envisagent la construction d’un réseau cyclable plus développé, Milan prévoit d’aménager des rues piétonnes et cyclables dans sa planification post-confinement, ou encore à Copenhague et au Danemark où l’on retrouve des pistes cyclables aériennes, des repose-pieds aux feux rouges ou encore des poubelles adaptées aux vélos.

Piste cyclable Copenhague

Faire cohabiter les différents usages de mobilité

En 2018, le parc automobile de la ville de Paris représentait plus de 450 000 véhicules pour 621 000 places de stationnement. Rajoutons les déplacements effectués par les automobilistes entrant dans la capitale journalièrement, cela nous permet d’expliquer la congestion actuelle au sein des villes. Par conséquent, il faut s’interroger sur comment pourrions-nous pallier cela en mettant au point une nouvelle offre plus audacieuse et respectueuse de l’environnement. Avec l’impact de la Covid-19, cela nous a fait repenser nos méthodes de déplacements, il faut s’en inspirer et l’adapter pour 2021, repenser les mobilités nécessite de concilier urbanisme et innovation. Passer au 100 % transport en commun, vélos, trottinette ou 100 % autosolisme ne sont pas les solutions parfaites car ces moyens de transports diversifiés sont complémentaires et ne peuvent être totalement opposés. Le numérique entre alors en jeu dans cette réflexion.

L'utilisation du digital au service des normes sanitaires et fluidification des mobilités

Avec la prise en compte de la crise sanitaire et l’importance des gestes barrières, nombreux sont les automobilistes souhaitant aussi pouvoir stationner en toute tranquillité. Pour satisfaire cela, les villes intègrent davantage des solutions de paiement mobile, sans contact afin de rendre le stationnement plus intuitif, rapide et en phase avec les mesures sanitaires. 

Dans cette crise sanitaire encore loin d’être terminée, le digital joue un rôle très important dans la mobilité urbaine. Il a été l’un des principaux outils des villes en réponse à la mobilité durant cette pandémie, permettant ainsi de surveiller les risques de contagion dans les lieux fréquentés, veiller au respect du confinement/couvre feu, faire de la prévention mais aussi favoriser la continuité de certains services et activités économiques. Ces outils resteront ancrés dans la stratégie de certaines villes et entreprises, même après cette crise. 

En France, après des expérimentations lancées par Transdev, la RATP ou encore SNCF en 2019, le MaaS (ou la possibilité de se déplacer en ville grâce à une seule plateforme) est revenu sur le devant de la scène à la sortie du confinement. En juin dernier, c’est le groupe SNCF qui ouvrait le bal en annonçant l’entrée de nouveaux partenaires dont Uber dans son application, l’Assistant SNCF. De son côté, l’opérateur de mobilité Transdev a lancé son application multimodalités fin septembre et plus récemment c’est la RATP qui faisait parler d’elle en rachetant Mappy. Autant d’initiatives maintenues en pleine pandémie, signe que le sujet de la mobilité urbaine est au centre des stratégies de ces opérateurs de transports publics.

Pour aller plus loin sur le Maas ( Mobility as a Service ) 

Cette utilisation du numérique va permettre de désengorger les villes et de fluidifier les mobilités dans leur ensemble, que ce soit pour les transports en commun, l’offre en temps réel des places de parking et le stationnement en voirie.

Une problématique notable : les infrastructures

Minimiser la place du véhicule motorisé individuel pose néanmoins un problème quant aux infrastructures. La mobilité urbaine Post-Covid-19 va s’accélérer et reprendre pour atteindre les standards ex ante que nous connaissions en début 2020, pour pallier cela, nous nous devons d’anticiper.

C’est l’un des principaux enseignements que nous aura appris cette crise, prévoir est désormais indispensable car tout peut être chamboulé du jour au lendemain. Par conséquent, si l’on veut assurer une mobilité urbaine moderne, respectueuse de l’environnement et fiable au niveau de l’aspect sécuritaire, il faut agir dès maintenant.  

À quoi ressemblera la mobilité urbaine de demain ?

Toutefois, ces changements dépendront toujours des habitudes pré-COVID de chaque consommateur. Ceux qui disposent déjà d’une voiture auront tendance à l’utiliser plus souvent, tandis que ceux qui dépendaient exclusivement des transports en commun, tendront à s’acheter un vélo ou à se déplacer à pied. On relève néanmoins un engouement non-négligeable pour les moyens de locomotion individuels (vélo en tête) au détriment des transports en commun ; mais uniquement dans le cadre des déplacements personnels. 

Est-ce que ces changements vont perdurer dans le temps ? Seront-ils les prémices d’un déclic concernant une évolution de notre manière de nous mouvoir ? 

Pour favoriser cette transition, l’offre multimodale peut-elle être une solution miracle ? Le véhicule automobile individuel reste un pilier majeur et indispensable de la mobilité, cependant, la crise du covid-19 a suscité un nouvel engouement ainsi qu’une accélération de la course à l’innovation et à la multimodalité, déjà lancé avant la crise.  L’émergence des nouvelles technologies, le partage des données, et les nouvelles approches environnementales mettent sur le devant de la scène ces innovations comme nous l’avons mentionné avec la SNCF ou encore Transdev en France. Ces exemples fleurissent à travers le monde démontrent que la multimodalité est l’avenir de la ville de demain et qu’un mode de transport est complémentaire à un autre. D’autant plus que la crise nous a montré qu’il faut aller vite afin de réinventer la mobilité, dans le but de garantir une bonne distanciation sociale, un meilleur impact environnemental, une fluidification des déplacements, les solutions MaaS permettent aussi de mieux informer les usagers, de créer des systèmes de “ticketing” via son smartphone pour les transports en commun créant ainsi des parcours adaptés à leurs besoins.

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